La magie opere toujours

Publié le par Sylvain

Des pierres de plus dans ma construction personnelle. C en est termine avec Java depuis hier soir, mais j y suis encore ds ma tete. Je ne sais pas trop par ou commencer. Tant d idees me traversent l esprit dans ce voyage. Allez, au choix, je vais parler de ma rencontre avec les habitants du quartier autour du palais du sultan.
C etait au retour de Borobudur, a Jogya donc. J avais ds l idee de sejourner dans l autre quartier sympa de la ville. En fait de sympa, j ai pas du tout accroche -comme quoi on est pas tjours d ac mon routard et moi lol-, et ai decide de retourner la ou j avais ete precedemment.
Chemin faisant, je retombe sur un des musiciens du gamelan du sultan qui m avais aide a trouve mon chemin 1 ou 2 jours auparavant. On rediscute, je parle du spectacle de jeux d ombre auxquel je souhaiterais assister.
Il me presente des personnes qui faconnent ces objets. Et la je suis veritablement scotche par non seulement le travail artistique, mais par tout l aspect philisophique qu il y a derriere. Pendant une demi-heure on va tenter de m expliquer tout cela mais j avoue que c est facile a aborder pour nos esprits cartesiens. J etais loin d imaginer la profondeur de cette culture. Et par sa vigueur toujours vivace. C est toute une communaute (15 000 personnes), tres solidaires, vivant aux abords du palais et soutenus par la sultan, qui reside la dans une surface de 1 km carre.
Ils me proposent de dormir chez l un d eux. Bien qu un peu gene, surtout quand j ai compris que Milo -oui, c est le nom de mon hote d un soir :-)- m a laisse son lit pour dormir par terre, j accepte. C etait vraiment extrement enrichissant d etre ainsi plonge au sein de leur quotidien pendant ces qq heures. Alors bien sur c est toujours ambigu. Car evidemment ils finissent par te proposer d acheter. C est leur metier et moyen de subsistance apres tout. Et meme Arto le musicien m a rapidement avoue qu il avait un 2eme boulot car le gamelan ne l occupe qu a mi-temps. Et celui-ci consiste a rabattre les clients vers l atelier de batiks de son patron.
La vie pour eux est tellement differente de la notre. Pas de 35h, pas vraiment de distinction entre vie privee/vie professionnelle. Comment cela serait-il possible, la boutique est a peine a quelques metres de la "maison" ou ils vivent. Arto m a montre son chez lui, la encore nouvelle gene, sa femme et son fils dorment au milieu du couloir.
Enfin voila, ainsi va le monde, je sais que je n y changerais rien, mais apres tout ce que j ai vu, je peux juste dire que je n ai tout simplement plus le droit de me plaindre, jamais.
Et ca, ca n est presque rien en comparaison de ce qui m attendais a Kawa Ijen. Oui, apres cette nuit et une suivante pour admirer le magnifique Pramdaman et passer une derniere soiree avec mes amis, j ai pris la route des volcans. Le Mont Bromo d abord, ou j ai fait la connaissance de mes actuels compagnons de voyage, puis le sulfureux cratere situe a l extreme est de java. Au-dela du caractere magique que la nature peut offrir en ces lieux, j ai ete particulierement marque par le "spectacle" des hommes qui recoltent le souffre a meme le volcan, et le transportent sur leurs epaules a plusieurs kms de la. Est-ce utile de les decrire, avec leur charge de 50, 60 kgs sur les epaules, luttant pour sortir du cratere? Est-ce utile de raconter qu ils sont payes une misere pour faire ca (500 roupies par kgs, 2 a 3 euros par jour) Est-ce utile de dire que c est revoltant de voir ca au 21e siecle, que leurs conditions de travail sont inhumaines? Et le pire, mais est-ce vrai, je n ose y croise, ca parait tellement gros. Quand j ai demande en redescendant pourquoi on utilisait pas des ponneys comme ceux qu il y avait au mont Bromo pour les touristes, on m a repondu qu il y en avait il y a qq annees, qu on a arrete a cause des dejections, pour ne pas gener les touristes...Oui, c est une reflexion que l on a reguliement, notre impact n est pas neutre. C est bien beau d aller voir des choses que personne ne voit, de rencontrer des peuplades isolees, mais quelle est la limite? Je n ai pas la reponse.
Bon, je ne peux terminer ce post sans evoquer mes compagnons de voyage. Des gens fascinants, Ali d abord, l allemand de parents turc, qui realise depuis 30 mois son reve de toujours, voir le monde. Annee apres annee, cumulant heures et boulot supplementaires, il a tout mis en place pour vivre son reve. Avec Ana, l immigree portugaise en terre allemande depuis une quizaine d annees, ils forment un couple atypique. Je ne me lasse pas de les admirer, eux et leur reve. 30 mois de voyage, c est tellement enorme; si la redescente va etre dure pour moi, qu en sera-t-il pou eux...
Avec le petit dernier, qu on appelle Jack car le sien est vraiment "a coucher dehors", on forme un drole de quatuor.
Jack vient du centre de la Chine, il m a bien dit sa bourgade mais bien que ca doit faire plusieurs millions d hab j avoue que je ne connaissais pas :-)
Jack, je l adore car il ressemble comme 2 gouttes d eau a mon pote Patrick (meme visage mais avec un peu de barbe, etonnant pour un asiats, non? memes expressions...) Je continue a apprendre sur la Chine et ca me fout vraiment les boules de ne pas y aller. Non decidement, le visa est vraiment trop cher depuis Hong Kong et puis Ana m a mis l eau a la bouche avec le Cambodge et les temples autour d Angkor.
Alors oui, on nous demande souvent d ou on vient et c est toujours comique quand l un dit saya Prancis, et l autre j suis allemand, moi portugaise!...bon, c est ballot, ca ferme, la suite ds un prochain episode
a+
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Publié dans Asie

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C
Avec la gentillesse que nous te connaissons, tu tisses une grande toile de l'amitié ; voilà un joli patchwork dont tu nous fais profiter ; nous suivons ton périple avec beaucoup d'intérêt et cela nous permet de revisiter la géographie de ce vaste Monde. Avec internet, aucune des villes où tu séjournes ne nous reste inconnue.<br /> En ce qui concerne le manque d'hospitalité française à l'encontre de "nos frères humains" les étrangers, ce n'est que trop vrai parfois ; nous manquons de modestie, peut-être même d'humilité et avons du mal à accepter les différences. <br /> A méditer également, car il n'est jamais bon de "passer pour de mauvais élèves" !.. <br /> Gros bisous cher Sylvain. A très bientôt.<br /> Les Brandao
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