Macchu Picchu, pas de mots...

Publié le par Sylvain

...pour decrire le lieu, les sensations. J en revais depuis des annees, je l ai fait, je suis extremement satisfait, voila. En plus, plus qu une cerise sur le gateau, je l ai fait un peu sportif, un peu rebelle, a ma facon quoi!
Je crois que pour vraiment apprecier les choses, j ai besoin de les meriter...Il n y a rien de pire que qqch tombe tout cru dans la main. Ma maniere a moi de meriter le Macchu Picchu, ca a ete de m y rendre par le chemin des ecoliers: j aurais pu, comme 99% des gens, m y rendre par le train qui passe par Olaytambambo (avec ou sans l option bus depuis Cuzco pour gagner un peu de temps).

Mais non, decidement je n aime pas faire les choses comme tt le monde, et puis, il faut dire que j ai ete revolte -oui, c le terme- par le veritable racket anti-touriste qui sevit ds le coin. Je veux bien, ponctuellement, payer 2-3 fois plus cher que les locaux, mais la c est carrement 80 dollars qui sont exiges pour faire un AR de 110 km. Quand on sait que les locaux paient 10 soles l aller (un peu plus de 3 dollars)...Non, impossible, je ne pouvais cautionner un tel systeme!

Je passe sur mon sejour a Cuzco. Ben non, j peux pas tout raconter ici, j y passerai des heures; je garde ca pour mes vieux jours, lol..ce qui est sur, c que j amasse de la matiere pour remplir qqs bouquins.
Bref, c etait le lendemain du depart de Guadeloupe -et oui, comme l Antille francaise!-, il etait prevu que j attende le retour des mes potes rendus justement au Macchu Picchu. J me reveille vers 6h et demi, comme d hab! C fou comme le corps prend un certain rythme de vie, meme si tout autour change. 
Ya un autre truc qui n a de cesse de m etonner, je ne sais pas si cela vous arrive : en France, autrefois, il m arrivait lorsque je dormais a l exterieur, de ne pas trop savoir ou j etais au reveil, d avoir qq instants de reflexion pour dire : "Oui, c est vrai, je suis la". Depuis que je mene cette vie de baroude, pas une seule fois cela ne s est produit., etrange, non?

7h, je descends donc a la table de l auberge de Carlos, discute avec le present du jour -1 americain de l Ohio, faudra que je check la carte des States..- Je fais part a Carlos de mon desir de partir, j ai un peu fait le tour de Cuzco -bon non, j ai pas ete a la Cathedrale mais bref, j me vois pas passer une journee de plus, surtout qu il a fait un temps de chien la veille-. Les bus pour Santa Marta, c est le matin a 8h. Putain! moins d une heure pour plier les gaules, payer la cuenta, laisser un mot a mes potos, retirer des ronds et me rendre au terminal, qui merci Carlos pour le tuyau, n est pas le meme que pour les autres directions.
Cool, j ai pas bcp d affaires, le sac est plie en 2 min top chrono, le reste s enchaine facilement, j serai meme en avance et puis comme d hab, pas la peine de stresser, le bus partira avec du retard (record battu cette fois, 45 min).
Ca m rassure, ya qd meme qq autres gringos ds le bus, le tuyau du LP (lonely planet pour les secs) doit pas etre mauvais..6h plus tard, apres le passage d un col a plus de 4 300 m ou on se les gele litteralement, et apres presque 2h de piste, ts les gringos descendent. Normalement, le plan c de trouver un type -j ai juste son nom et  adresse mail, qui tient une auberge et mets en relation avec un guide pour aller jusqu a San Theresa (7-8h de marche). De la, ya encore 2-3h jusqu a une centrale hydro electrique, d ou on est plus qu a 2h de marche de Agua Calientes: Ouf!!
En fait, depuis le business du transport s est bien developpe ds le coin. La faute aux abus de Perurail certainement...Bref, on est assailli de proposition de collectivo. Finalement, au lieu des 10h de marche, c est une heure de piste et 5 dollars ds une grosse japonaise. Arrive a la station electrique, j me tate un peu : 15h30, j ai pas mange depuis ce matin, 2h de marche sur les rails ou le train (et oui, Perurail sentant qu elle perdait des parts de marche, a remis en service le troncon) a 8 dollars. Allez, une fois n est pas coutume, soyons raisonnable et assoyons nous sur nos principes.
J arrive donc a Macchu Picchu pueblo sur le coup des 17h, je suis un autochtone qui me dit qu il a un hotel, et qui me fait un prix canon, ce qui n est pas une mince affaire ds ce qui ressemble fort au lieu le plus touristique -et le plus cher- du Perou. Soiree pepere, un ptit chiffa restaurant -c comme ca qu on appelle les resto asiatiques, sal s Xanto, ds toute l Amerique latine- et au dodo.
La journee du 9 octobre demarre tot, le reveil sonne a 4h du mat et me vla parti en direction de la cite mythique. 2h de montee pour commencer la journee, rien de tel pour s echauffer.
J echappe ainsi au racket persistent -7dollars l aller simple, ah ils aiment ca les dolls ici!!-. J suis pas tres tres rassure lors des premiers lacers, frontale au front dans la nuit noire du petit matin, mais je rejoins vite d autres comperes sportifs et atteint la porte d entree. J me place bien ds la file et suis ds les tous premiers a penetrer la cite sacree.
Alors que la majorite se rue vers l entree du Wayna Picchu -la montagne surplombant la cite- reservee aux 400 premiers, je tourne immediatement a gauche pour faire la photo mondialement reputee d une des 7 officielles merveilles du monde (http://www.new7wonders.com/).

Tiens, ca fait un bon theme de voyage, ca! bon, j vais zapper le Mexique parce que c est vraiment pas sur ma route pour cette fois-la, mais pour les autres c tout a fait jouable...
Je redescends traquillement et rejoins la ligne. 1h d attente mais qui vale vraiment la peine: l ascention est physique, surtout la fin ou les marches atteignent parfois les 50 cm, mais pas difficile techniquement. J me marre bien a grimper par les voies "alternatives".














En haut, malgre les nuages, c est un enchantement chaque fois que la cite se decouvre. On a du mal a realiser que le site ait pu reste inconnu pendant si longtemps (decouvert officiliellement en 1912) et on se prends a imaginer la vie ici, la construction des temples, etc...J ai ete veritablement  surpris par la taille du site, balaise les architectes de l epoque!

Ensuite au lieu de redescendre directement, je prends le chemin vers l autre cote de la montagne. A part le gardien du temple tout en bas, pas un etre humain en vue pendant plus d une heure et demie. Je passe les echelles de plusieurs metres a pic, franchit les obstacles mis par la nature, passe sous cavite puis retrouve la foule. Je choisis de laisser passer le flot des day-trippers entre 11h et 14h en squattant le snack du site.

J en profite pour apprendre qq mots de japonais aupres d une charmante nippone qui repart promptement et sagement avec son groupe prendre le train de 15h (le Perou en 10 jours, quelle aberration apres 20h de voyage..).
Alors que le site commence a se vider, je prends le chemin inverse, une guide me propose ses services; je veux bien mais pour moi tout seul, c est trop cher. On se met en "chasse" et la demarre une franche partie de rigolade avec une bande de collegiennes en train de faire la queue devant l entree. Bah, difficile de retranscrire, je fanfarronne, je blague, j ai le temps devant moi, totale liberte d aller, de rester, l extase quoi...Finalement, la visite se fera sans guide, je prends un chemin inexplore, le temps se gate mais qu importe, tout va bien, je suis ds un endroit merveilleux et j en profite pleinement. J apercois 3 ptit malins a l abris sous une roche, je les rejoins. La conversation s engage, "oh un francais", c genial comme carte, ya toujours qqun tout content de pouvoir faire remerger les residus de ses lointains cours. En l occurence, il s agit de 3 amis de facs, 2 allemands Maek et Julia et d une peruvienne Marlyse. On va passer le reste de la journee ensemble, prolongeant la soiree jusqu au restaurant, se racontant des blagues -le plus international possible-, evoquant les confusions linguistiques possibles...
Voila a quoi ressemble la vie d un globe-trotter international, un flot discontinue de rencontres multi-culturelles, d apprentissage mutuel. Car si j en apprend beaucoup sur les autres cultures, j en apprends aussi bcp sur la mienne. Le voyage est un prisme extraordinaire, il met en lumiere tout un tas de choses, demonte aussi des trucs que l on croyait evident, acquis. Un truc tout bete, c dire si j etais naif et ignorant avant de partir, j etais persuade que des jeux de carte comme la belote ou le tarot etaient internationaux. Et bien non figurez vous! ya que ds nos contrees que ca se pratique (et ptet en Belgique flamande). En suisse romande, ils ont bien la pelote qui se rapproche grandement de notre sport national, mais il y a tt de meme qq subtiles divergences que je ne manquerais pas de vous compter si l occasion m en ait donnee :-)

Bref, je m eloigne, je m eloigne...J en termine avec le Macchu Picchu. Mes compagnons m ayant appris qu il y avait un train le matin direct pour Cuzco, je decide d aller faire un tour a la gare. En plus du train touristique, il y a un train local. Je tente ma chance, on sait jamais. Alors que le prix affiche est a 3 dollars, le caissier m en demande 10 fois plus, m expliquant en un sourire que c est le tarif le plus economique pour moi. Et ben qu il se la garde son tarif eco...Je mets les bouts au plus vite de ce lieu de perdition capitalistique. Cette fois, j vais me la jouais vraiment roots. En avant pour les 2h de descente sur les rails, chemin inverse de ce que j ai fait a l aller. Bon, j avoue, j ai galere... 2h, c est un peu long avec tout l attirail et pis apres complique pour trouver des moyens de locomotion pour redescendre jusqu a Santa Maria. Je chope un taxi finalement mais celui-ci tombe en panne seche a mi parcours. Pas grave, je repars a pied et qq kms plus loin, le combi me recupere. Ensuite, tout s enchaine bien, je saute ds le bus pour Cuzco (j fais le voyage avec les conducteurs, pas confortable mais super echange) et arrive a Cuzco  pile-poil pour prendre le bus de nuit pour Puno d ou je redige le present article. J ai calcule, 7h de detour au bas mot, 30 dollars d economie, mais des experiences enrichissantes et ma petite lutte contre le systeme. Si c etait a refaire...je paierais les 30 dollars!

Et maintenant? Ben en arrivant a Puno, apres avoir ma foi assez bien dormi ds le bus, j me suis fait une ptite ballade en bord du lac Titicaca, avec le lever de soleil s il vous plait...1er hotel, pas de place, tt le monde dort encore, c le pb d arriver trop tot; j ai une 2eme adresse mais j commence a tirer un peu la langue (on est a plus de 3 800m d altitude) alors je finis par accepter une des nombreuses propositions des pousse-pousse velo (vous voyez ce que je veux dire). Manque de bol pour mon chauffeur, l hotel en question est presque en haut de la colline!
Une douche, et hop, ca repart. J enfile le ptit dej et me dirige vers le port pour tenter la curiosite locale, des communautes indiennes qui vivent depuis des siecles sur des iles flottantes. Bon, j suis prevenu, c extremement touristique, tres artificiel, mais les personnes avec moi sur le bateau (des peruviens en vacance) sont excellentes et je passe une tres bonne matinee.
Voila, maintenant, j me tate un peu; 2 options d offrent a moi, partir plus ou moins directement vers la Bolivie toute proche (en m arretant ds les ptits villages en bord du lac) ou aller passer 2 jours sur une des iles du lac. J ai peur d une relation biaisee, artificielle, sur ces iles qui vivent en grande partie du tourisme; et puis je voudrais reserver au moins 15 jours a la Bolivie, La Paz, le desert de Uyuni et un sejour en Amazonie sont mes objectifs avant le rendez-vous du 5 novembre.
Le sommeil de la nuit ou les rencontres du samedi soir apporteront a n en pas douter la reponse a la question du jour : ou serai-je demain? Arf, arf, j adore ce genre de questions!!
Hasta luego!

PS: pour ceux qui se preoccuperaient de ma sante, j ai repris mon regime hyper-calorique a 4 repas par jour (apres un copieux ptit dej, j ai enchaine aujourd hui la truite a la plancha a 10h30,  l arroz de chauffa a la carne et je me prepare pour le repas du soir). Je compte bien recuperer les 4-5 kgs qui me font defaut! ;-)
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Publié dans America del Sur

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